" Le
printemps ce n'est que de l’esbroufe !
Du vent, de l’épate !
Le moindre bosquet se hausse du bourgeon, la moindre pelouse se farde au
vert pimpant.
Et le dernier des glands se prend déjà pour un arbre.."
Du vent, de l’épate !
Le moindre bosquet se hausse du bourgeon, la moindre pelouse se farde au
vert pimpant.
Et le dernier des glands se prend déjà pour un arbre.."
.
et moi
l’imbécile j’ai cru que c’était arrivé ! Et soleil, douces fleurs des
champs, petits ruisseaux qui glougloutent. Mon romantisme se ragaillardi plus
audacieux que jamais.
On sonne à
ma porte, pas trop fermée d’ailleurs : « tu viens faire une balade
dans le bois gentil ? »
Vite, chausser
mes bottes m’emmitoufler dans mon vieux polaire, on ne sait jamais…. Et hop ! On y va, siffler les chiens
tout trépidants d’impatience ! En route.
Chantonner,
aller devisant, marcher vite. Le soleil est déjà chaud.
« Crois-tu
que les crocus sont en fleurs ? Regarde, les saules libèrent leurs chatons
de miel »
Ôter le
polaire, le nouer autour des reins, relever les cheveux, les retenir d’un bout
d’élastique qui traine au fond des poches.
Les chiens
gambadent, le ciel est enivré de nuages gris et roses qui volent à toute
vitesse et se pourchassent.
Une flaque, réminiscence des dernières pluies, une ornière sous les
bois secs que le vent à jeter à terre,
et … vlan… tu n’as que le temps de m’attraper le bras pour éviter la
chute inévitable.
Ton regard
dans mon regard…
Tes grands
bras me serrent plus fort, tu approches tes lèvres…
Mais, la
raison me murmure : « Le printemps ce n'est que de
l’esbroufe ! »
