Accrocher des étoiles.
L’impossible
c’est le vide. Marcher sur le vide, tourner autour. L’impossible est un abîme
sphérique empli de peur. Impossible de tomber, même si je le fais exprès, même
la tête en bas, même accrochée par un pied. L’impossible est de ne pas avoir
existé.
Alors je
m’agrippe aux étoiles et balance au-dessus des nuits creuses mon regard
d’oscillations étonnées. Par un cheveu j’attelle l’éternité qui tisse des
matins sans fin…Sans fin…Et sans pitié.
La lumière se
lève toujours, s’étire, déboucle les paupières serrées, déficelle les rêves,
délace les orages. Autour du néant la vérité continue à darder ses faisceaux,
persiste à pétrir la genèse.
Il ne faut
presque rien pour exister. L’autre qu’on habille d’amour, un corps ressuscité par
des caresses, un souffle qui s’ébroue en bouffées de baisers. Presque rien.
Agripper une étoile, puis chavirer.
Je vais tout remmailler,
ma vie, mes origines, un homme, mon recommencement ! Nouer mes matins vacillants,
faire une traîne d’aube pour épouser le jour.
L’impossible
c’est le vide, l’impossible est de tomber, l’impossible est de ne pas avoir
été ! Même la tête en bas, même accrochée par un pied, même les yeux
fermés et le regard têtu, même si c’est la fin du monde. Même acculés au pire, dans
la parcelle définitive de l’extrême, serrés les uns contre les autres,
tremblant de froid et de terreur, traversant l’ultime corridor de l’angoisse, un
levain désarmant pose son pied de rose
aux pétales du cœur et leur chant d’exilés monte avec la fumée.
Juste… Pour enfanter
ma délivrance.
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