mercredi 13 février 2013

rouler dans un train noir ,texte faisant parti d'une série , sombre !






Rouler dans un train noir !




Surgir, brûler, mourir, partir sans semence et sans idées. Disparaître, trouer le ciel d’un seul élan. Féconder mon amour jamais revenu, perpétuellement déchu. Grimper, déchirer le berceau, le bleu, la mort et m’enfuir avec toi ! Habiter le ventre du dragon.
Il souffle, il rugit, il est rouge et ardent, il déplie ses ailes de soie et de plumes, il est plus violent que le vent du nord.
Ramper, pour fouiller le plaisir et la mort. Dans les braises du feu qui s’éteint, je vais pêcher des hommes aux yeux sombres. Je veux mourir encore et m’arracher la peau.
Ne rien laisser à cette terre ingrate qu’un matin de sanglots et qu’une nuit d’amour.
Cueillir les mots à la cime du couteau, aiguë et tranchant. Les mots sont de sang, et je nage dans le sang des mots ; comme le toréador maîtrise le taureau à l’instant de la mort !
Pourquoi ? Pourquoi, toujours et toujours me transpercer le cœur à grands coups de douleur ?
Ma mère est plus encore souffrante que vivante elle porte un peuple d’anges aux ailes déchiquetées qui traîne des romances sans cesse répétées, sans cesse rabâchées transportées par le vent. Mais maintenant elle meure, sa tête n’a plus d’orage, ses yeux s’éteignent. Elle n’est plus qu’épouvante et je regarde à peine ses vieilles mains qui tremblent sur mon cœur.

Je vais prendre un train de nuit, sans fenêtres ; et sans bruit je vais monter dedans puisqu’il était pour moi et que je suis en vie.


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